Bilan de la Fête du bruit du 18 mai 2026
Lundi 18 mai au matin, le Front antifasciste populaire a organisé une « fête du bruit » pour dénoncer la manifestation du groupe ethnonationaliste Nouvelle Alliance – qui a longtemps prétendu être ni de droite ni de gauche, mais qui curieusement n’attire que des coucous de droite et d’extrême droite… plus quelques staliniens perdus (!) – à l’occasion de la Journée nationale des patriotes.
Ce fut un petit matin pluvieux, mais enjoué, du moins du côté qui fait pop! D’un côté, la joyeuse fête; de l’autre, une petite bande de mecs à la mine d’enterrement, possiblement parce qu’ils avaient passé la nuit à la flotte pour être bien certains de commémorer leur « héros », Dollard des Ormeaux, au pied de sa statue et sous haute protection policière. (Rappelons qu’Adam Dollard des Ormeaux est le jeune colon français peu scrupuleux qui, après avoir monté une expédition au printemps 1660 pour s’emparer des produits de la chasse autochtone, mena son groupe droit à sa perte. Malgré le caractère pitoyable de cette histoire, des Ormeaux fut érigé en héros national par le clergé, notamment par l’auteur de L’appel de la race, le chanoine Lionel Groulx, dans les années 1920-1930.)
C’est donc pitoyablement agglutinés à l’ombre de la statue Dollard des Ormeaux qu’ils ont brandi les drapeaux de « leur » Québec, qu’ils revendiquent comme un État chaste, pur et libéré des méchants Anglais. Mais de quoi d’autre encore ces nationaleux réactionnaires veulent-ils libérer le Québec? Des personnes migrantes, racisées, queers et trans? À entendre leurs slogans et leurs discours, c’est bien à ça que ressemble leur projet politique. On leur souhaite bien du courage, étant donné qu’ils ont chaque fois besoin de deux à trois fois plus de flics que de militant·e·s juste pour faire leur petite cérémonie boboche, bon an mal an.
Au moins, de notre côté, on avait du plaisir! Ils étaient environ une cinquantaine, au plus fort, alors que nous étions au moins quatre fois plus à s’amuser franchement.
Ils n’avaient de leur côté que des mots creux, des slogans poussiéreux, des drapeaux détrempés et un p’tit cheuf crispé qui gueulait tout seul et se demandait bien lequel de ses « amis » allait être le prochain à lui planter un couteau dans le dos. De notre côté, on avait de la bouffe, de l’eau, des parapluies, de la musique et surtout, la détermination de faire barrage aux aspirants fachos, muni·e·s d’idées aussi « extrêmes » que la solidarité, l’égalité, le respect et le plaisir d’être ensemble.
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Après une bonne heure de danse et de festivités de notre côté, le soleil est finalement revenu, et avec lui les petits ethnonos ont pris la poudre d’escampette, bien escortés par le meilleur service d’ordre dont ils puissent rêver, le Service de police de la Ville de Montréal.
Ils sont donc partis rejoindre la marche annuelle de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) au parc Laurier, laquelle a une fois de plus fait preuve d’un aplaventrisme désolant en laissant le contingent de Nouvelle Alliance se joindre au cortège principal avec drapeaux, bannière et slogans ringards, comme « Patrie, Nation, Tradition ».
Au final, le « cordon sanitaire » entre la marche de la SSJB et nos petits fachos d’opérette s’est limité aux trois flics à vélo qui roulaient pénards entre les deux groupes. La direction ouvertement antisémite de la SSJB des années 1930 serait fière de cette belle convergence!
Notons d’ailleurs que plusieurs participant·e·s à la marche de la SSJB étaient plus ulcérées par la présence de militant·e·s antifascistes que celle de fachos marchant sous le drapeau de NA et le Carillon-Sacré-Cœur, ce rappel symbolique de la sombre époque où l’Église catholique exerçait son emprise sur la nation canadienne-française. On repassera pour la laïcité si chère aux péquistes…
Nous nous étonnons particulièrement d’avoir vu Ruba Ghazal (Québec Solidaire) marcher dans la même manif que des gens qui déplorent bruyamment la « submersion migratoire » et « l’immigration de remplacement ». Celle qui déchirait sa chemise pour une guillotine de carton-pâte il y a quelques semaines trouve-t-elle vraiment raisonnable de marcher aux côtés de gens qui souhaitent sa « remigration »? Ça serait bien, à un moment donné, que la prétendue gauche parlementaire qui se dit antifasciste quand ça l’arrange retrouve ses lunettes, regarde un peu ce qui se passe autour d’elle et fasse matcher les bottines avec les babines.
La présidente de la SSJB, quant à elle, s’est abstenue de commentaires. Au contraire, cette organisation doit prendre une position claire et définitive sur la présence de l’extrême droite dans sa marche. L’indépendantisme ne doit pas être une voie d’accès à l’espace politique légitime pour les organisations d’extrême droite, et les souverainistes de bon aloi ne doivent pas se transformer en valets qui ouvrent la porte aux fascistes.
Nous saluons tout de même les efforts de militant·e·s d’horizons divers qui ont essayé d’empêcher NA de se joindre au rassemblement du parc Laurier, et que le SPVM, dans son impartialité légendaire, a bloqué·e·s sur place au moment du départ.
En fin de compte, on a quand même ben du fun à se moquer de leurs gueules d’enterrement. Plusieurs personnes de leur côté ne pouvaient pas s’empêcher de gigoter au son de nos beats! La prochaine fois, venez donc danser avec nous! Mais de grâce, laissez derrière vous vos drapeaux moisis et vos fantasmes de pureté et de traditions à faire revivre à tout prix! Ces chimères ne peuvent que vous rendre malheureux·ses.
Le bon côté, c’est celui qui fait pop!
Le Front antifasciste populaire
