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Pourquoi l’antifascisme est-il essentiel et le sera-t-il toujours?

Le samedi 30 mai, un rassemblement du groupe néofasciste Second Sons Canada s’est tenu dans un parc de la ville de Shawinigan. Le front pop dénonce bien sûr cette action de propagande haineuse, qui démontre, une fois de plus, toute l’importance de la lutte antifasciste. Mais cette action ne doit pas servir à masquer la montée des discours d’extrême droite dans les sphères politique et médiatique.

Les accusations de flambée de violence chez les jeunes issu-e-s de l’immigration portées par le chef du Parti Québécois, comme rapporté dans un article du Journal De Montréal du 31 juillet 2025 (accusations contredites par l’IRIS dans un communiqué du 20 août 2025) tout comme l’appel du ministre Roberge aux québécois·es à se « réveiller » face à l’assaut de l’« islamisme radical » contre les institutions du Québec relevé dans un article du 1ᵉʳ octobre 2025 ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres.

La banalisation des discours de haine au sein d’une frange de la population est également une réalité extrêmement préoccupante. Un article paru le 3 juin 2026 dans La Presse, sous la plus d’Audrey Licop du Musée de l’holocauste de Montréal, mentionne un sondage réalise en partenariat entre l’UQAM et Patrimoine canadien révélant que 59% de nos concitoyen-ne-s jugent que le Canada accueille « trop de personnes musulmanes » et que 41% en ont une image négative. La création de boucs émissaires, c’est-à-dire de segments de population désignés comme responsables de tous les maux dont le Québec est affligé, poursuit toutefois un but précis : empêcher toute remise en question d’un système qui, lui, ne voit aucune différence entre les gens qu’ils exploitent.

Cependant, des moyens de résistance existent et sont à la portée de celles et ceux qui refusent la normalisation de cette haine. Résister, c’est aussi s’impliquer au sein de nos communautés, il faut s’organiser et dénoncer ces discours qui détruisent le tissu social. Au quotidien, ne laissez pas passer les petites phrases racistes que vous pouvez entendre autour de vous. Sur les médias sociaux, répondez aux personnes qui véhiculent des discours haineux. Ne laissez pas l’extrême droite monopoliser l’espace médiatique. Il est essentiel de porter un contre-discours sur la place publique.

N’hésitez pas à discuter autour de vous que vous soyez fonctionnaire, ouvrier·ère, entrepreneur·e ou sans-emploi, partagez votre indignation du racisme colporté dans certains discours médiatiques et publics. L’antifascisme ne se résume pas à manifester dans la rue une fois par année, il faut le vivre au quotidien, avec nos ami·es, nos proches et nos collègues. Cliquer « j’aime » ne suffit pas. Il faut le clamer haut et fort : les discours racistes n’ont pas leur place au Québec, point final.

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