L’état capitaliste nous fait la guerre !!!
On apprend cette semaine que le vaccin contre la grippe ne sera plus gratuit pour l’ensemble de la population, une décision du gouvernement provincial de la CAQ. L’an dernier, le même recul sur la gratuité des vaccins avait été fait pour celui de la COVID.
Le vaccin gratuit sera réservé aux personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, immunosupprimées ou travaillant dans le réseau de la santé. Mais il est connu que d’être vacciné·e soi-même sans que son entourage ne le soit est beaucoup moins sécuritaire que lorsqu’une grande partie de la société a accès à la vaccination.
Le gouvernement, à contre-courant de tous les consensus sur l’importance de la prévention en santé, décide donc de sacrifier les personnes qui risquent des complications en contractant ces maladies.
L’excuse offerte par la CAQ est de prioriser la vaccination des personnes qui en ont le plus besoin, dans une logique d’une « analyse du coût-efficacité ».
Mais un gouvernement qui s’intéresserait à la santé des personnes vulnérables organiserait une campagne de vaccination qui prévoirait la plus grande couverture vaccinale possible. C’est un épisode annuel que de prévoir l’arrivé de la grippe, rien ne justifie de ne pas avoir suffisamment de vaccins pour l’ensemble de la population qui souhaite s’en prévaloir.
Alors pourquoi ce recul ?
Parce qu’il met uniquement à risque des personnes qui sont généralement exclues de la production capitaliste. Les personnes âgées, notamment, sont considérées comme ayant fini de contribuer à la société et ne représentent plus qu’une dépense pour l’État. Les personnes malades et handicapées sont souvent exclues des milieux de travail et sont aussi perçues comme une dépense par les comptables qui gèrent notre système de santé.
Il est important de souligner que les vaccins vont rester disponibles … aux personnes qui peuvent de le permettre. C’est un autre morceau de notre précieux système de santé qui vient d’être vendu au secteur privé. Nos personalités politiques seront vaccinées: elles peuvent se le permettre. Leurs électrices et électeurs les plus pauvres et les plus vulnérables ne le seront pas. Iels tomberont malades, et certain·e·s en mourront.
Dans un article du Devoir à ce sujet, un infectiologue fait toutefois la promotion de la vaccination pour la population générale. Mais pas parce que la prévention favorise le bien-être, mais plutôt:
« Pour les personnes en bonne santé, il y a quand même un bénéfice du vaccin sur certaines choses comme l’absentéisme de l’école ou du travail. »
Le système de santé au service du capitalisme, c’est aussi ça l’extrême droite.
