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Pourquoi tant de policiers?

Un article publié par Noémi Mercier dans l’Actualité nous partage des données de Statistiques Canada datées de mai 2026 qui méritent notre attention et sont particulièrement préoccupantes.

Alors que le nombre de policiers tend à diminuer au pays, celui du Québec ne cesse d’augmenter depuis la pandémie. Le Québec et plus précisément Montréal sont en tête de liste au Canada pour le nombre de policiers par 100 000 habitant•es, soit 195 pour le Québec et 213 pour Montréal.

Cependant, ni Montréal ni le Québec sont en tête du taux de criminalité.

« À Saint–Jean-sur-Richelieu, le taux de policiers pour 100 000 habitants a bondi de 59 % depuis 2019 ; à Québec, de 32 % ; dans les territoires de Roussillon et de Richelieu–Saint-Laurent, en Montérégie, de plus de 30 % ; et à Terrebonne, de 20 %. Aucune autre province n’a enregistré de tels essors. »

Mais si ce n’est pas le taux de criminalité qui dicte le nombre de policiers dans une municipalité, alors qu’est-ce que c’est? Une étude de 2015 faite par les sociologues Jason Carmichael, professeur à l’Université McGill, et Stephanie Kent, de l’Université d’État de Cleveland, démontre que les facteurs qui influenceraient le nombre de policiers sur un territoire seraient le nombre de personnes racisées et le nombre de pauvres. 

Et après, on va continuer de nous dire qu’il n’y a pas de racisme systémique!!!

Quel lien au Front pop faisons-nous entre notre lutte et ces statistiques? 

Être antifasciste, c’est de lutter contre toute manifestation de racisme, systémique ou social, et contre tous les systèmes d’oppression, incluant les classes sociales. Le système capitaliste a besoin d’inégalités sociales pour survivre. Il a aussi besoin d’attiser la haine au sein de la population pour maintenir les grands gagnants de ce système au pouvoir. Aliénation, division et répression font bon ménage pour maintenir l’ordre des choses.

Pauvres = danger danger! Gens racisés = potentiel danger!

On se divise, se méfie, se bat les un•es contre les autres, tandis qu’en haut, ils mangent leur caviar en riant de nous autres.

L’État capitaliste a besoin d’un appareil répressif et de surveillance. D’où l’existence de la police. Nous savons que la police est raciste et agit en toute impunité. Elle s’est même surpassée l’an dernier en tuant l’adolescent Nooran Rezayi, puis en arrêtant ses amis, témoins du meurtre.

Le gouvernement coupe et dit ne pas avoir d’argent pour les ressources communautaires, pour la santé, pour l’éducation, mais on dirait qu’il en trouve pour la police pis leurs heures supplémentaires.

Au Front Pop, on ne dit pas que nous sommes actuellement dans un régime fasciste, mais qu’on voit clairement des dérives et des éléments fascisants dans le Québec actuel. Le Québec gagne sur le nombre de policiers par habitant•es. Aurions-nous des politiques publiques plus racistes qu’ailleurs? À en voir les discours du gouvernement et leurs lois, on pourrait bien dire que oui.

Nous voyons une montée des discours racistes complètement décomplexés sur la place publique, nous voyons des lois qui briment les droits de plusieurs communautés marginalisées, nous voyons des politicien•nes être plus scandalisé•es par les luttes et réactions antiracistes que des racistes eux-mêmes. Il y a de quoi être préoccupé•es.

Nous ne devons pas attendre que le fascisme soit rendu à la maison pour le mettre dehors. Il est déjà près de la porte, et il est clairement chez le voisin. 

Au Front Pop, nous sommes contre l’État policier et nous appelons à la solidarité, à l’empathie avec les gens et groupes marginalisés.


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