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Nationalisme ethnique pendant la campagne électorale

Au moment où 50% des déportations de tout le Canada ont lieu au Québec et que chaque semaine à Montréal, 200 personnes se font expulser par l’Agence canadienne des services frontaliers, Christine Fréchette propose plus d’insécurité, de discriminations, de précarité, plus de violence étatique.

La cheffe caquiste n’est pas bien originale : cette violence institutionnelle est dans l’air du temps. Avide de pouvoir et incapable d’assumer leurs choix politiques, soit le saccage de nos services publics, la classe politique multiplie les bassesses et les diversions afin d’éviter toute reddition de compte.

L’impunité et l’incompétence, c’était déjà monnaie courante. Est désormais devenu monnaie courante le fait de mettre en cause l’immigration pour tout ce qui cloche au Québec. La rhétorique raciste s’intensifie, comme avec les commentaires dégoûtants du chef du Parti québécois, qui a importé de France l’appellation « immigration de deuxième génération » avant la pointer du doigt, créant de facto une opposition avec les « véritables » Québécois·es.

Nos écoles débordent et ce serait la faute des enfants, surtout pas celle des adultes siégeant au parlement. Quelle belle démonstration de courage politique!

Ce n’est pas la première fois qu’on verrait, dans une société issue de la colonisation, des personnes blanches recevoir des services de la part de personnes racisées qui n’ont pas droit aux mêmes services!

Ce n’est pourtant pas bien compliqué : vous travaillez, vous payez des impôts et donc vous recevez des services. C’est l’une des bases du contrat social. Celleux qui brisent ce contrat, ce ne sont pas les populations marginalisées, exploitées par le système cruel et impitoyable dans lequel nous vivons. Ce sont les parlementaires et la classe possédante qu’iels servent avec fidélité et servilité.

Que seraient nos services publics sans l’apport crucial de l’immigration? Christine Fréchette a-t-elle oublié les anges gardien·nes de la pandémie?

La CAQ aimerait assurément que vous oubliiez l’hécatombe dans les CHSLD, une catastrophe qui aurait été bien plus grande sans le sacrifice de ces gens qu’une partie de la classe politique désigne essentiellement comme des parasites. Une déshumanisation qui ne cesse de s’accentuer et qui présage le pire.

Diviser pour régner en employant le schéma du nationalisme ethnique, l’on sait très bien où cela peut nous mener. N’importe qui peut regarder au sud de la frontière pour y constater les niveaux stupéfiants de brutalité qu’il en résulte. Et quiconque a une mémoire historique sait dans quelle barbarie les sociétés européennes et eurodescendantes peuvent basculer après des années à donner l’impression de regagner du pouvoir en bouc-émissarisant les minorités.

Cela n’empêche pas une personne comme Éric Duhaime de s’inspirer de l’administration américaine actuelle pour déclarer vouloir expulser 70 000 personnes demandant l’asile. Au diable les droits humains. Il faudrait plutôt imiter Trump.

Pour Fréchette, Duhaime et PSPP, les migrant·es ne font pas partie des gens dignes d’une vie heureuse. Ce sont des indésirables à contrôler, à compter, à dominer, à expulser. Peut-être qu’on ne peut pas s’attendre à mieux de gens qui veulent figurer parmi les maitres du monde qui soutiennent le génocide en Palestine.

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