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France : interdiction de manif, sauf pour l’extrême droite fasciste?

Le 17 octobre dernier en France a vu culminer en ampleur le mouvement social lancé par la jeunesse lycéenne, notamment des banlieues, pour dénoncer l’état pitoyable des infrastructures dans les écoles, du manque de personnel, en somme, le désinvestissement de l’État dans les services publics. Aux jeunes, s’est joint un renouveau des « gilets jaunes », mouvement qui avait lui-même ébranlé la France en 2018.

Samedi dernier fut donc une journée historique où près d’un million de personnes ont pris d’assaut des dizaines et dizaines de villes pour revendiquer et dénoncer. Les images ont fait le tour du monde. Les médias français (et de partout ailleurs, notamment Radio-Canada) ont surtout braillé à qui mieux mieux à propos des malheureuses vitrines, taisant l’objet des revendications du mouvement. Presque aucune mention des violences brutales des policiers envers les manifestant·es.

L’observatoire critique des médias ACRIMED dénonçait déjà d’ailleurs le 2 octobre la couverture psychotique des chaînes publiques, notamment France 2, dans leur traitement du mouvement lycéen.

Graph france 2 lyceens

Le mouvement ne perdant pas en vigueur, un appel à poursuivre les manifestations samedi prochain étant déjà lancé, l’État français a décidé d’y aller encore plus fort côté répression. Effectivement, le lundi 19 octobre, des couvre-feux et interdictions de manifester ont été instaurées dans plusieurs villes et quartiers. Policiers omniprésents, intimidation des jeunes, profilage racial, hélicoptère volant à basse altitude au-dessus de Paris et patrouilles utilisant des armes sonores : le régime autoritaire français dans toute sa splendeur! Et ce mardi, le ministre de l’Intérieur parle même de déployer des unités militaires antiterroristes. On se demande après pourquoi les gens ont de plus en plus peur d’aller manifester dans le pays autoproclamé des droits humains…

Mais est-ce que cette répression est valable pour tout le monde? Il semble bien que non. À Lyon, le même lundi 19 octobre, malgré le couvre-feu, des groupes néonazis ont pu prendre la rue sans se faire inquiéter. Aucun policier en vue, alors que les fascistes y allaient de slogans racistes comme « la France aux Français », mais aussi de « la rue nous appartient », faisant un écho direct aux discours du Rassemblement national qui appelle à un durcissement face à la gauche.

On ne compte plus les occasions saisies par les autorités fascisantes pour faire preuve de complaisance à l’égard des factions de nature plus explicitement violente de la mouvance d’extrême droite. Ne pas intervenir contre les fascistes, ce n’est pas ne rien faire : c’est leur laisser le champ libre.

En tant que personnes luttant contre les discours fascisants et les tendances autoritaires, donc en tant qu’antifascistes, il est de notre devoir de dénoncer la présence de l’extrême droite, qu’importe où elle se trouve, et par solidarité internationale, d’encourager les camarades qui luttent pour une société plus juste!

La fascisation des esprits et des institutions n’est pas un phénomène lointain. Les idéologues et les démagos de Québecor et d’autres médias de même farine s’occupent déjà d’importer ici chacune de ses réalisations.

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